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Gabriel et le Loup

Peur enfantine  Frayeur nocturne

 

Il crie, il pleure, il hurle, il s’appelle Gabriel, il a deux ans et demi et il est 23h30.

 

Maman se précipite et, entre deux sanglots, parvient à comprendre qu’il y a un vilain gros loup au plafond qui menace de manger Gabriel. Elle comprend également que ça fait plusieurs nuits que ça dure mais les autres fois Gabriel n’avait pas réussi à s’expliquer.

 

Maman prend Gabriel dans ses bras, se met à insulter le plafond et là déjà, les cris de terreurs de Gabriel se transforment en larmes de soulagement. Maman encourage alors Gabriel à faire pareil qu’elle, sort de la chambre toujours criant et toujours avec Gabriel dans les bras et, sous le regard ahuri de papa, va jusqu’à la porte d’entrée, l’ouvre avec un définitif « maintenant dégage et ne reviens plus », Gabriel criant des « graouou, rhâââ et grrrrr »  très convaincants, et la porte est claquée à la barbe du loup. Gabriel est reparti se coucher ravi et très fier.

 

A peine quelques jours plus tôt je discutais thérapie systémique et stratégique avec cette jeune maman. Je suis passionnée par le modèle de Palo Alto et j’en parle abondamment. Dans la discussion j’ai eu l’occasion de lui raconter une histoire qui illustrait le fait que souvent on tente de rassurer les petits en leur disant que les monstres n’existent pas, logique. Et non moins souvent on constate que ça ne fonctionne pas car dans le monde des enfants, les monstres, ça existe pour de vrai. Faire le contraire, faire un 180°, c’est commencer par accepter l’existence même du loup pour avoir une chance de s’en débarrasser, de lui ou de la peur qu’il engendre.

 

Cette jeune maman face au méchant loup qui menaçait Gabriel a donc construit toute seule un très efficace virage à 180° : voir le loup avec les yeux de son petit et le chasser avec sa force de grande personne.

 

Et le loup n’est jamais revenu ! 

Marie-Sophie Dalsace

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Piquet (jeudi, 31 janvier 2019 17:58)

    Joli joli joli.